Comment accompagner un enfant après un décès dans la famille
Lorsqu’un décès survient dans une famille, les adultes sont souvent submergés par les démarches administratives, l’organisation des obsèques, la gestion de la maison, tout en essayant de canaliser leur propre douleur. Dans ce tourbillon, les enfants risquent de passer au second plan, alors qu’ils vivent eux aussi un bouleversement majeur, parfois sans disposer des mots ni des repères nécessaires pour mettre du sens sur ce qui arrive. Les accompagner demande du temps, de la disponibilité émotionnelle, mais aussi quelques repères concrets pour ajuster son attitude au quotidien.
Cet article a pour objectif d’offrir aux parents, aux proches et aux professionnels un guide pratique, très opérationnel, pour soutenir un enfant après un décès dans la famille. Il aborde les réactions fréquentes, les attitudes à privilégier, les façons d’aider l’enfant à exprimer ses émotions, l’organisation des rituels et la vie à la maison après le drame, y compris la question du logement et de son état matériel.
Ce que vit un enfant en deuil au sein de sa famille
Un enfant ne réagit pas à la mort comme un adulte. Selon son âge, il peut avoir une perception partielle ou fragmentée de ce qui s’est passé. Il peut saisir que la personne ne reviendra pas, mais ne pas mesurer toutes les implications au quotidien, ou au contraire s’angoisser à l’extrême sur la sécurité des autres membres de la famille.
Parmi les réactions possibles, on retrouve souvent :
Des questions répétées sur ce qui s’est passé, même si l’adulte a déjà répondu.
Des changements de comportement (agitation, colère, repli, oppositions, régression).
Des troubles du sommeil (difficulté d’endormissement, réveils nocturnes, cauchemars).
Une baisse de concentration à l’école, des difficultés à suivre le rythme scolaire.
Un attachement plus fort à certaines routines ou objets rassurants.
Parfois, une apparente indifférence, l’enfant continuant à jouer comme si de rien n’était.
Il est essentiel de garder en tête que ces réactions ne sont pas des « caprices » ou une « mauvaise volonté », mais des tentatives, souvent maladroites, de faire face à un événement trop grand pour lui. Un enfant fait des allers-retours entre des moments de jeu et des moments de tristesse : c’est sa façon de réguler ce qu’il ressent.
Pour les adultes, l’enjeu principal est de rester accessibles, d’offrir un cadre sécurisant et de mettre des mots simples sur ce qui s’est passé. C’est là que certaines attitudes sont particulièrement aidantes.
Attitudes à privilégier pour sécuriser l’enfant
Certains comportements des adultes créent un environnement apaisant et structurant, même au cœur du deuil. Ces attitudes ne font pas disparaître la souffrance, mais elles donnent un socle sur lequel l’enfant peut s’appuyer pour traverser cette période.
Dire la vérité avec des mots simples et adaptés à l’âge
Les formulations très vagues ou métaphoriques peuvent être source d’angoisse pour un enfant. Par exemple, dire que « le grand-père est parti » ou qu’« il s’est endormi pour toujours » peut générer des peurs autour du sommeil ou de l’abandon. Il est préférable d’expliquer que le corps de la personne ne fonctionne plus, qu’elle ne respire plus et que cela signifie qu’elle est morte, avec des mots choisis selon l’âge de l’enfant.
Quelques repères :
Pour un petit enfant, utiliser des phrases courtes, concrètes, en évitant les détails choquants.
Pour un enfant plus grand, accepter les questions précises et y répondre sans dramatiser ni minimiser.
Ne pas inventer de fausses explications pour éviter de lui faire de la peine, car il peut finir par se sentir trompé.
L’important n’est pas de tout dire immédiatement, mais de rester dans une forme de vérité progressive, toujours ajustée à ce qu’il demande et à ce qu’il peut intégrer.
Rester cohérent dans les réponses et dans les règles
Dans une période de deuil, le cadre familial est bousculé : horaires modifiés, visites, appels, démarches, obsèques, tri des affaires, travaux de nettoyage du logement après décès, etc. L’enfant a alors un immense besoin de repères stables.
Les adultes peuvent :
Maintenir autant que possible les routines (repas, coucher, école).
Expliquer chaque changement de programme à l’avance, même brièvement.
Préserver les règles essentielles (respect, sécurité), sans se montrer excessivement rigide pour autant.
La cohérence entre les adultes est tout aussi importante : si un parent autorise quelque chose que l’autre interdit, l’enfant peut se sentir perdu, ou tester davantage les limites, ce qui augmente la tension dans la maison.
Montrer sa propre tristesse sans submerger l’enfant
Certains adultes pensent protéger les enfants en cachant leurs larmes ou leur peine. En réalité, il peut être rassurant de voir qu’un parent est triste, mais qu’il continue malgré tout à s’occuper du quotidien. L’enfant comprend alors que la tristesse n’empêche pas de vivre, qu’elle est légitime, et qu’elle n’est pas dangereuse.
Quelques repères :
Dire par exemple : « Je pleure parce que je suis très triste que maman soit morte, mais je suis là pour toi. »
Éviter d’imposer à l’enfant le rôle de « consolateur principal » de l’adulte.
Si l’émotion déborde fortement, il peut être utile de se faire relayer par un proche pour un moment, tout en expliquant ensuite à l’enfant ce qui s’est passé.
Aider l’enfant à exprimer ses émotions au quotidien
Aider l’enfant à exprimer ses émotions est un axe central de l’accompagnement. L’objectif n’est pas de forcer l’enfant à parler, mais de lui offrir diverses portes d’entrée pour mettre dehors ce qu’il ressent, avec des moyens qui lui correspondent.
Proposer des mots, sans imposer la parole
Certains enfants parlent spontanément, d’autres non. Dans tous les cas :
L’adulte peut nommer ce qu’il observe : « J’ai l’impression que tu es en colère depuis ce matin », « Tu sembles inquiet ce soir ».
Il peut partager doucement sa propre expérience : « Moi aussi, parfois, je suis triste en pensant à papa ».
Il est utile de préciser qu’il a le droit de poser des questions, maintenant ou plus tard.
L’enfant doit sentir que l’espace pour parler existe, mais qu’il n’est jamais obligé de l’utiliser sur commande.
Utiliser le jeu, le dessin et les histoires
Les enfants expriment leurs émotions autant, voire plus, par le jeu que par les mots. On peut par exemple :
Proposer du dessin libre, en laissant l’enfant choisir ses thèmes.
Utiliser des figurines, peluches, poupées pour rejouer des scènes de séparation, d’hôpital, de visite, de funérailles.
Inventer des histoires ensemble, avec des personnages qui vivent une perte, et voir comment l’enfant imagine la suite.
Ces supports permettent d’aborder des questions sensibles de manière indirecte, tout en donnant des pistes sur ce que l’enfant comprend, fantase, craint.
Favoriser l’expression corporelle
La tristesse, la peur, la colère se logent aussi dans le corps. On peut aider un enfant à les libérer de manière saine :
Par le mouvement : courir, sauter, faire du sport, danser, se défouler avec un coussin.
Par la relaxation : exercices de respiration simple, étirements, moments de calme en musique douce.
Par le contact rassurant : câlins consentis, présence physique à côté de lui pendant l’endormissement, main posée sur l’épaule.
Le but est que l’enfant sente qu’il peut vivre ses émotions sans être jugé, en ayant des moyens concrets pour les canaliser.
Créer des petits rituels d’expression
Des temps réguliers, même très courts, peuvent aider l’enfant à se sentir autorisé à parler. Par exemple :
Un moment « météo des émotions » avant le coucher, où chacun dit s’il se sent plutôt soleil, nuage, tempête.
Un carnet partagé où l’enfant peut dessiner ou écrire ce qu’il veut, quand il en a envie.
Une boîte à questions, dans laquelle il dépose des papiers avec ses interrogations, que l’on lit ensemble à un moment choisi.
Ces rituels donnent un cadre rassurant à l’expression émotionnelle et montrent que le sujet n’est pas tabou.
Adapter les mots et les explications à l’âge de l’enfant
Tous les enfants n’ont pas la même perception de la mort. L’accompagnement doit être ajusté à leur stade de développement, à leur maturité et à leur histoire personnelle.
Pour les tout-petits (environ 2 à 5 ans)
À cet âge, l’enfant peut saisir que la personne n’est plus là, mais il n’intègre pas forcément la notion de caractère définitif de la mort. Il peut demander quand la personne revient, ou jouer comme si elle était encore présente.
Attitudes utiles :
Utiliser des phrases très simples, en répétant souvent les mêmes mots.
Rassurer sur le fait que l’enfant n’est pas responsable de ce qui s’est passé.
Maintenir le plus possible les routines : heure du bain, histoires du soir, présence rassurante au moment du coucher.
Pour les enfants d’âge scolaire
L’enfant comprend davantage ce qu’est la mort sur le plan biologique, et il peut poser des questions très concrètes sur le corps, les obsèques, le cimetière. Les peurs de maladie ou d’accident peuvent être plus fortes.
Attitudes utiles :
Accepter les questions précises, même si elles semblent crues.
Donner des explications factuelles, sans entrer dans des détails choquants.
L’aider à repérer les ressources autour de lui : proches, enseignant, psychologue scolaire, etc.
Pour les pré-adolescents et adolescents
Les jeunes de cet âge peuvent se montrer extrêmement sensibles, même s’ils donnent l’impression de se protéger derrière une forme d’indifférence ou de dérision. Ils peuvent s’interroger sur le sens de la vie, développer un sentiment d’injustice ou se culpabiliser.
Attitudes utiles :
Respecter leur besoin d’intimité, tout en restant disponible.
Proposer des espaces d’échange plus « horizontaux », par exemple en marchant, en voiture, autour d’une activité.
Éviter de juger leurs réactions, leurs silences ou leurs larmes, et privilégier une écoute attentive.
Gérer les rituels, les obsèques et la maison après le décès
Les rituels autour de la mort jouent un rôle important pour un enfant. Ils aident à marquer le passage entre l’avant et l’après, à dire au revoir, à donner une forme à ce qui arrive. La maison, l’endroit où le décès a parfois eu lieu, est également un lieu chargé de symboles.
Préparer l’enfant aux obsèques
La participation de l’enfant aux obsèques dépend de son âge, de sa sensibilité, de ses souhaits et de ceux de la famille. L’essentiel est de l’informer de ce qui va se passer et de respecter son choix autant que possible.
Points clés :
Expliquer, avec des mots simples, le déroulement de la cérémonie : où cela aura lieu, qui sera présent, ce que l’on fera.
Lui dire qu’il peut changer d’avis, jusqu’au dernier moment.
Prévoir un adulte de confiance qui pourra s’occuper de lui pendant la cérémonie s’il a besoin de sortir.
Si l’enfant ne participe pas, il peut être aidant de créer un rituel à un autre moment : allumer une bougie, déposer un dessin, dire quelques mots, écouter une musique.
Parler de la chambre, des affaires, du logement
La question du lieu du décès, de la chambre, des affaires personnelles est souvent délicate. Le logement peut être marqué par des traces matérielles (souillures, odeurs, objets médicaux) particulièrement difficiles à supporter pour les proches.
Impliquer l’enfant ne signifie pas lui faire supporter ce qui dépasse ses capacités émotionnelles. En pratique :
Éviter de l’exposer à des images choquantes (lieu encore marqué, traces visibles importantes).
Lui demander s’il souhaite dire au revoir à la chambre, à certains objets, avec un adulte à ses côtés.
Laisser un espace de décision sur quelques éléments : garder un vêtement, un livre, une photo.
Quand le décès a eu lieu dans le logement, faire appel à une entreprise spécialisée en nettoyage après décès, comme Nova Clean Décès, peut avoir un rôle important. Une intervention professionnelle permet :
De remettre le lieu en état dans des conditions d’hygiène et de sécurité adaptées (désinfection, décontamination, élimination des déchets à risque).
D’épargner à la famille l’exposition à certaines scènes ou odeurs extrêmement difficiles.
De permettre un retour dans le logement dans un environnement plus apaisé, ce qui contribue à réduire le climat anxiogène pour les enfants.
En déléguant la remise en état du logement à des professionnels du nettoyage après décès, les proches se libèrent une part de charge mentale et émotionnelle, et peuvent consacrer davantage d’énergie à l’accompagnement des enfants.
Renforcer les liens et la communication dans la famille
Après un décès, chaque membre de la famille vit sa douleur à sa manière. Cela peut créer des malentendus, des tensions, voire des conflits. Pour l’enfant, il est précieux de sentir que la famille, malgré ses failles, reste un appui.
Pistes concrètes :
Organiser des moments de partage réguliers, même simples : repas, promenades, jeux de société.
Ouvrir l’espace à la parole sur le défunt : raconter des souvenirs, regarder des photos, évoquer des qualités, des habitudes.
Accepter que certains aient besoin de parler, d’autres non, sans imposer un rythme unique.
L’enfant observe beaucoup plus qu’on ne le croit la façon dont les adultes se soutiennent ou s’isolent. Voir des adultes chercher de l’aide, coopérer, se parler, lui montre qu’il n’est pas seul et que le lien reste vivant, même dans la douleur.
Prendre soin de soi en tant qu’adulte pour mieux aider l’enfant
Accompagner un enfant dans le deuil alors que l’on souffre soi-même est une tâche épuisante. Il est essentiel que les adultes s’autorisent à demander du soutien pour eux aussi, afin de rester disponibles pour l’enfant de manière durable.
Quelques repères :
Accepter de confier certaines tâches à des proches ou à des professionnels : démarches, rangement, nettoyage du logement, etc.
Prévoir de courts moments de respiration personnelle : marcher, appeler un ami, se faire accompagner par un professionnel de santé mentale.
Ne pas culpabiliser de se sentir débordé ou moins patient ; cela arrive fréquemment dans les situations de deuil.
Confier la remise en état d’un logement après décès à une équipe spécialisée, par exemple Nova Clean Décès pour le nettoyage, la désinfection et la décontamination des lieux, s’inscrit dans cette dynamique. En retirant cette charge lourde, on crée les conditions pour que les adultes puissent se concentrer sur leur rôle essentiel : offrir présence, écoute et sécurité aux enfants.
Quand envisager un accompagnement professionnel pour l’enfant
Dans de nombreux cas, l’enfant, soutenu par sa famille et son environnement, parvient progressivement à traverser le deuil, même si des phases difficiles restent normales. Cependant, certains signes doivent alerter et amener à envisager un accompagnement spécialisé.
Signaux qui peuvent inviter à chercher de l’aide :
Troubles du sommeil très importants et persistants (cauchemars récurrents, refus total de dormir seul).
Perte d’appétit marquée, amaigrissement, plaintes somatiques répétées (maux de ventre, maux de tête) sans raison médicale.
Isolement massif, refus de participer à des activités auparavant appréciées.
Chute durable des résultats scolaires, difficultés à se concentrer, agitation extrême.
Mises en danger, comportements auto-agressifs, propos très sombres sur la vie et la mort.
Dans ces situations, un professionnel formé à l’accompagnement des enfants et des familles en deuil (psychologue, pédopsychiatre, service spécialisé) pourra évaluer la situation et proposer un suivi adapté. Le rôle des parents reste central : ils ne « abandonnent » pas l’enfant à un tiers, mais s’entourent d’un soutien complémentaire.
Il peut aussi être pertinent d’orienter l’adulte qui accompagne l’enfant vers un espace d’écoute : plus un parent est soutenu, plus il peut à son tour être une base solide pour son enfant.
Donner à l’enfant le droit d’avancer, à son rythme
Avec le temps, les manifestations du deuil évoluent. L’enfant peut sembler aller mieux, puis, à l’occasion d’anniversaires, de fêtes, de changements de vie, sa peine peut resurgir. C’est normal : à chaque étape de son développement, il « revisite » la perte avec de nouvelles capacités de réflexion et de ressenti.
Les adultes peuvent l’aider en :
Acceptant que sa peine se manifeste à nouveau, parfois longtemps après le décès.
Rappelant que le lien avec la personne disparue reste vivant à travers les souvenirs, les histoires, les gestes du quotidien.
L’autorisant à se réjouir, à rire, à se projeter, sans lui faire sentir qu’il trahit le défunt.
Aider un enfant après un décès dans la famille, c’est lui offrir un environnement où il peut être à la fois triste et joueur, fragile et fort, en colère et apaisé, selon les moments. C’est aussi, pour les adultes, accepter de ne pas tout maîtriser, mais de rester présents, même avec leurs limites, tout en s’appuyant sur des ressources externes lorsque la situation l’exige, que ce soit pour le soutien psychologique ou pour des aspects matériels comme la remise en état d’un logement après décès grâce à des spécialistes comme Nova Clean Décès